vendredi 23 septembre 2016

Rentrée éclectique !


Après la rentrée au club de Saint-Yrieix il y a 15 jours, nous avons fait mercredi dernier celle du "club Vins étonnants de Limoges". J'ai retrouvé avec plaisir des têtes connues, mais rencontré aussi deux nouveaux qui se sont vite intégrés à notre dream team. Le thème de la soirée était des plus larges puisqu'il consistait en un choix de coups de cœur de ces derniers mois. Il est donc normal que les lecteurs réguliers du blog aient une impression de déjà vu. 


Avec des toasts à la tapenade (et crème aux herbes ?), nous avons bu en apéro le "rosé" Salmonido de Barranco Oscuro. Enfin, rosé, c'est histoire de catégoriser. En fait, c'est plutôt rouge vermillon translucide aux reflets orangés. Au nez, comme la première fois où j'ai bu ce vin, on a plutôt l'impression d'avoir dans le verre un Chardonnay jurassien. Et même en bouche, il y a un tranchant ciselé qui ferait penser aux graviers de Tissot. Seule une certaine vinosité pourrait orienter sur une autre piste. Et puis la finale mêlant amertume, acidité et astringence, qui ne ressemble ni à un blanc, ni à un rouge, pas plus qu'à un rosé. Unique, quoi


J'aurais pu servir le Salmonido avec le délicieux saumon mariné qui nous fut ensuite servi. Mais un duo de vins était déjà prévu pour l'accompagner : à ma gauche, un Vouvray Silex noir 2015 de François Pinon, un Chenin à l'acidité tranchante, équilibré par une matière bien mûre et un sucre discret. À ma droite, un Loyela Blues 2015 de Verdier &Logel, un Riesling volcanico-forézien qui possède bien l'aromatique typique de ce cépage, mais sans avoir son acidité acérée (tout en étant loin d'être mou, hein). Pour les deux vins, il y eut des fans et des moins fans, avec des discussions très intéressantes sur ce que les uns et les autres attendaient de ces deux cépages. La passion du vin comme je l'aime !


Avec un pavé de boeuf, nous avons bu un Gaillac Enclos des Roses 2009 d'Aurélie Balaran. Peut-être le vin qui a le plus bluffé l'assistance. C'est vrai que le temps a patiné les tannins et apporté de la complexité aromatique, mais sinon, il est d'une jeunesse impressionnante, avec un fruit expressif et une fraîcheur pulsant grave. Le tout donne un vin des plus captivants, pas ennuyeux une seconde. Je réitère ce que j'ai déjà écrit ICI : c'est sans aucun doute l'un des plus beaux vins du Sud-Ouest (pour un prix des plus raisonnables : 12 €).


Avec de la tomme de brebis et du coulis de cerise noire, j'ai servi un Irouléguy 2014 du domaine Bordaxuria. Bu seul, il paraissait plus renfermé qu'il y a quelques mois, limite austère. Je subodore la mal du pays, car dès que l'on a attaqué la tomme de brebis, je retrouvais le vin que j'avais tant apprécié au mois de juin dernier. Certes d'une densité assez impressionnante, mais précis, frais, avec une énergie communicative. Une découverte pour beaucoup !


Pour le dessert – des figues rôties et glace vanille – je n'ai pas pris un coup de cœur récent, car il n'y en avait pas qui pouvaient s'accommoder des arômes particuliers de ce fruit. J'ai donc ressorti un vin qui repose depuis quelques années dans les caves de Vins étonnants, oublié par beaucoup. Lorsque l'on goûte cette Ille 1998 du domaine de Ravanès, on se dit que c'est un tort, car cette vendange tardive d'Ugni blanc (100 % raisins botrytisés) est une petite merveille : un nez riche marqué par les notes rôties, le miel et les fruits secs. Une bouche onctueuse/séveuse/intense équilibrée par une acidité impressionnante. Et une finale sacrément persistante, pas lourde pour un sou. Superbe !

La prochaine fois, nous reviendrons à une thématique : la Loire !