vendredi 26 mai 2017

Un Chardo né sous une autre étoile


Depuis 2-3 ans, il y a de nombreuses expérimentations de "vins oranges", mais il en existe très peu qui concerne le Chardonnay. Cette cuvée Champ d'Aubert pourrait inciter d'autres producteurs à s'y mettre, car c'est une réussite : le vin est équilibré, sans aromatique déviante, avec certes plus de tanins qu'un vin blanc classique mais parfaitement intégrés. Ce qui est intéressant, c'est que cela ne ressemble plus du tout à un Chardonnay. Tout en étant très loin de tout autre vin orange que j'ai pu goûter (dont beaucoup se ressemblent alors qu'ils proviennent de cépages différents). On a affaire ici à un vrai vin. Pas à un truc bizarre où tu te demandes s'il y a bien du raisin dedans...

La robe est d'un or intense, très légèrement trouble.

Le nez fait plus penser à un liqueur (noix, orange) ou à liquoreux qu'à un vin sec. Du coup, on s'attend à de la douceur en bouche...

Eh bien pas du tout : c'est sec de chez sec, avec une matière impétueuse qui emporte tout sur son passage. L'ensemble est très tendu, mais en même temps,  il y a de rondeur et de la générosité – et même du moelleux – dans cette matière brut de brute. Il y aussi quelques tanins dus à la macération de douze jours, mais ils sont plutôt bien fondus et intégrés.

En fait, ceux-ci ressortent plus dans la finale très mâchue et des plus savoureuses. Mais comme ils vont de pair avec une aromatique extravertie (fruits secs, agrumes, épices) et une tonicité vibrionnante, eh bien, ça passe tout seul, ou presque.

Une semaine après ouverture et conservé à température ambiante, il est encore meilleur, avec des tanins devenus imperceptibles.