jeudi 27 avril 2017

Les sables ... émouvants


Cela faisait plusieurs années qu'Eric R et moi goûtions sur des salons les vins de Philippe Tessier. Comme nous travaillions depuis longtemps avec Michel Gendrier sur cette appellation Cheverny/Cour Cheverny, cela nous semblait un peu délicat de se servir chez le voisin. L'année dernière, j'ai l'occasion de les re-boire. Et c'est vraiment un choc gustatif. J'en parle à mon chef, qui hésite encore. Et puis il y a un mois, il les re-découvre au même salon : et là, il craque. Nous allons les référencer. Finalement, ça se passe bien avec Gendrier, puisque les vins arrivent sur la même palette. 

Pour l'instant, Eric n'a choisi qu'un blanc, Les sables 2015 dont je vous cause aujourd'hui. Et un rouge, Coganis, sont je vous parlerai demain. Mais il est probable que la gamme s'élargisse avec le temps. 

La robe est or clair.

Le nez est rond, complexe, sur des notes de poire et de pomme séchées, de noisette fraîche, et une pointe de beurre fumé. Avec  l'aération arrivent aussi du pralin et de la cire d'abeille. 

La bouche est à la fois longue et large, avec une matière aérienne, caressante, confinant au moelleux, et une fine acidité qui apporte niaque et tension. L'équilibre général est juste superbe, n'ayant pas grand chose à envier à nombre de blancs beaucoup plus cotés. 

La finale ne manque pas de niaque, avec le trio acidité/amertume/astringence. C'est simultanément trash et jouissif.  Et la persistance (acidulée) sur l'agrume est des plus impressionnantes... À ne pas servir à tout le monde, tout de même. Y en a qui risqueraient l'apoplexie...

PS : j'ai goûté la semaine dernière le 2011 à l'Envers du décor (à Saint-Émilion). La "filiation" avec ce 2015 est évidente : même profil, même texture, même acidité, avec une aromatique encore plus baroque qui pouvait ne pas plaire à tout le monde (ce fut le cas, d'ailleurs). Perso, j'ai beaucoup aimé : avoir des vins cette qualité et de cette expressivité pour moins de 15 €, c'est une chance pour l'amateur, pour peu qu'il soit ouvert d'esprit. 

PS 2 : pour le titre, c'est un clin d'oeil à Gainsbourg (éloignez les enfants si vous ouvrez le lien)